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Comment se déroule un audit énergétique : les 5 étapes de la visite au rapport

Comment se déroule un audit énergétique ? Visite sur site, collecte de données, simulations thermiques, scénarios de travaux : découvrez les 5 étapes

Adrien GuerinAdrien Guerin 19 min de lecture

Un audit énergétique se déroule en 5 phases : la préparation (collecte de documents), la visite sur site par un auditeur RGE (2-4h) pour inspecter isolation et systèmes, la modélisation thermique en bureau, la rédaction du rapport (avec 2 scénarios de travaux chiffrés) et enfin la restitution commentée.

Comprendre comment se déroule un audit énergétique est la première étape vers une rénovation réussie. Loin d'être une simple formalité, ce diagnostic approfondi suit un processus en cinq phases bien définies, de la préparation des documents à la restitution d'un plan de travaux détaillé. Cet examen complet, bien plus poussé qu'un DPE, est la clé pour identifier les faiblesses de votre logement et construire un projet de rénovation performant et financé. Il transforme une obligation réglementaire en une véritable opportunité d'améliorer votre confort et de réduire vos factures.

Ce qu'il faut retenir

  • L'audit énergétique est une analyse approfondie qui va bien au-delà du simple DPE en proposant des scénarios de travaux chiffrés.
  • La préparation des documents par le propriétaire (factures, plans) avant la visite est une phase essentielle pour la qualité de l'audit.
  • La visite sur site dure entre 2 et 4 heures et permet à l'auditeur d'inspecter en détail l'isolation, le chauffage, la ventilation et les menuiseries.
  • Le rapport final doit obligatoirement contenir au moins deux parcours de travaux, dont un visant une rénovation performante (classe B minimum).
  • L'audit est un document indispensable pour vendre une passoire thermique (classe F ou G) et pour accéder au parcours "Rénovation d'Ampleur" de MaPrimeRénov'.

Audit énergétique et DPE : deux diagnostics à ne pas confondre

L'audit énergétique et le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) sont souvent confondus, mais ils ne répondent pas au même objectif. Le DPE est une évaluation synthétique qui attribue une étiquette énergie, de A à G, à un logement. Il donne une vision globale de la consommation, mais ses recommandations de travaux restent génériques. Il s'agit d'une photographie de la performance à un instant T, obligatoire pour toute vente ou location.

L'audit énergétique, quant à lui, est une analyse bien plus poussée et opérationnelle. Il ne se contente pas de noter ; il explique le pourquoi des déperditions thermiques et, surtout, il construit une véritable feuille de route pour l'amélioration. Sa finalité est de proposer des "bouquets de travaux" cohérents et hiérarchisés, avec une estimation précise des coûts, des économies d'énergie réalisables et des aides financières mobilisables. Il transforme un simple constat en un plan d'action concret. C'est l'outil indispensable pour engager une rénovation d'ampleur en toute connaissance de cause.

Ce que le DPE ne fait pas

Le DPE fournit une estimation des consommations et des recommandations standards. Il n'inclut pas d'étude approfondie des ponts thermiques, de l'étanchéité à l'air ou du système de ventilation dans le détail. Surtout, il ne propose pas de scénarios de travaux chiffrés et hiérarchisés. Un DPE peut vous dire que votre isolation est mauvaise ; un audit vous dira par où commencer, avec quel matériau, pour quel coût, quel gain énergétique et quelles aides de l'Anah ou de MaPrimeRénov' vous pouvez solliciter. L'audit est un document d'aide à la décision, là où le DPE est principalement un document d'information.

Quand l'audit devient obligatoire (logements classés F et G à la vente)

Dans le cadre de la loi Climat et Résilience, l'audit énergétique réglementaire est devenu obligatoire pour la mise en vente des maisons individuelles et des immeubles en monopropriété considérés comme des "passoires thermiques". Depuis le 1er avril 2023, cette obligation concerne les logements classés F ou G au DPE. Cette mesure vise à informer en détail les acquéreurs sur les travaux nécessaires pour sortir le bien de son état de précarité énergétique. Le calendrier d'application se durcira progressivement : l'obligation s'étendra aux logements classés E à partir du 1er janvier 2025, puis aux logements classés D en 2034. En dehors de la vente, il est également requis pour bénéficier de certaines aides à la rénovation globale.

Comprendre si l'audit est obligatoire est une question fréquemment posée, comme l'explique notre article sur l'audit énergétique obligatoire : qui est concerné.

Qui peut réaliser un audit énergétique réglementaire (qualification RGE ou AMO)

La réalisation d'un audit énergétique réglementaire est encadrée et ne peut être effectuée par n'importe quel diagnostiqueur. Le professionnel doit détenir une qualification spécifique, le plus souvent la certification RGE Études (Reconnu Garant de l'Environnement) pour la catégorie concernée. Il peut s'agir d'un bureau d'études thermiques, d'un architecte ou d'un diagnostiqueur immobilier ayant suivi une formation complémentaire et validé ses compétences. Vérifier la qualification de l'auditeur sur l'annuaire France Rénov' est un prérequis indispensable pour garantir la validité du document, que ce soit pour une vente ou pour une demande d'aide comme MaPrimeRénov'.

Étape 1 : La prise de contact et la collecte des documents avant la visite

La première étape d'un audit énergétique se déroule avant même que l'auditeur ne franchisse votre porte. Cette phase de préparation est cruciale, car la qualité des informations que vous fournirez déterminera la précision de l'analyse finale. Un audit précis repose sur des données factuelles plutôt que sur des estimations. L'auditeur vous demandera donc de rassembler un certain nombre de documents qui lui permettront de comprendre l'historique de votre logement et ses caractéristiques.

Cette collecte d'informations en amont permet à l'expert de préparer sa visite. Il peut ainsi identifier les points de vigilance et optimiser son temps sur place. De votre côté, c'est l'occasion de faire le point sur votre logement et de vous impliquer activement dans la démarche. Plus vous serez précis, plus le rapport final sera pertinent et adapté à votre situation réelle. C'est un travail collaboratif qui commence bien avant l'inspection physique des lieux.

Documents à rassembler par le propriétaire

Pour que l'auditeur puisse travailler efficacement, préparez un dossier contenant les éléments suivants :

  • Les plans du logement : plans de coupe, de masse, de façades. Si vous ne les avez pas, l'auditeur effectuera un métrage complet.
  • Les factures énergétiques : idéalement sur les trois dernières années (électricité, gaz, fioul, bois...) pour évaluer la consommation réelle.
  • Le titre de propriété : il mentionne l'année de construction, une donnée essentielle.
  • Les diagnostics techniques antérieurs : DPE, diagnostic amiante, plomb, etc.
  • Les factures et devis des travaux déjà réalisés : changement de fenêtres, isolation, installation de chaudière, etc., avec les caractéristiques techniques des matériaux posés.
  • Votre dernier avis de taxe foncière : pour confirmer la surface habitable.

Informations transmises par l'auditeur avant la visite (formulaire, accès aux compteurs)

En retour, l'auditeur doit vous communiquer des informations claires avant son intervention. Il vous transmettra généralement un questionnaire à remplir concernant vos habitudes de vie (nombre d'occupants, température de consigne du chauffage, utilisation de l'eau chaude). Il vous précisera également la date et l'heure de sa venue, sa durée estimée (souvent entre 2 et 4 heures), et les conditions d'accès. Il vous demandera de lui garantir l'accès à toutes les pièces, y compris les combles, le sous-sol, le garage et le local technique où se trouvent la chaudière et le compteur électrique. Cette transparence est un gage de professionnalisme.

Étape 2 : La visite sur site : que fait l'auditeur dans votre logement ?

Le jour J, l'auditeur procède à une inspection méticuleuse de l'ensemble du logement. Cette visite, qui dure de 2 à 4 heures, est bien plus qu'un simple tour du propriétaire. L'expert suit une méthodologie rigoureuse pour collecter des centaines de données qualitatives et quantitatives sur la construction et ses équipements. Il ne se fie pas uniquement aux documents que vous avez fournis ; il vérifie, mesure et analyse chaque composant qui a un impact sur la performance énergétique.

C'est une phase d'investigation où l'auditeur agit comme un détective de la performance thermique. Il va examiner ce qui est visible, mais aussi chercher à comprendre ce qui est caché derrière les murs ou dans les combles. Votre présence est souvent utile pour répondre à ses questions sur l'historique du bâtiment ou sur des modifications qui ne seraient pas documentées. L'objectif est de créer une "carte d'identité" thermique la plus fidèle possible de votre maison.

Inspection de l'enveloppe : murs, toiture, fenêtres, planchers

Le plus gros du travail de l'auditeur concerne l'enveloppe du bâtiment, c'est-à-dire les parois qui séparent l'intérieur chauffé de l'extérieur. Il va inspecter :

  • Les murs : il identifie la nature des matériaux (parpaing, brique, pierre...), leur épaisseur, et la présence ou non d'un isolant (par l'intérieur ou l'extérieur).
  • La toiture et les combles : il vérifie le type d'isolant, son épaisseur, son état et sa continuité. C'est une source majeure de déperditions.
  • Les planchers bas : il analyse l'isolation des sols, que ce soit sur un sous-sol, un vide sanitaire ou une cave.
  • Les fenêtres et portes : il relève le type de vitrage (simple, double, triple), la nature des menuiseries (bois, PVC, alu) et leur état général. Il est également attentif à la détection des ponts thermiques, ces zones de rupture d'isolation qui créent des "autoroutes à calories".

Analyse des systèmes de chauffage, ECS et ventilation

L'enveloppe ne fait pas tout. Les systèmes qui consomment de l'énergie sont également passés au crible :

  • Le chauffage : l'auditeur identifie le type de générateur (chaudière gaz, fioul, pompe à chaleur, poêle à bois...), son âge, sa puissance, son rendement théorique et son état d'entretien. Il examine aussi le système de distribution (radiateurs, plancher chauffant) et de régulation (thermostat).
  • L'eau chaude sanitaire (ECS) : le système de production est analysé (ballon électrique, chaudière, chauffe-eau thermodynamique).
  • La ventilation : il vérifie la présence et le fonctionnement du système de renouvellement d'air (VMC simple ou double flux, grilles d'aération naturelles...), un point souvent négligé mais crucial pour la qualité de l'air et la performance globale.

Relevés et mesures : outillage de l'auditeur

Pour objectiver ses observations, l'auditeur utilise plusieurs outils. Le télémètre laser lui permet de mesurer avec précision les surfaces de chaque pièce, mur et fenêtre. Il peut aussi utiliser un humidimètre pour détecter d'éventuels problèmes d'humidité. Dans certains cas, une caméra thermique peut être employée (souvent en prestation complémentaire) pour visualiser les déperditions de chaleur et les ponts thermiques. Pour un audit très poussé, un test d'infiltrométrie (ou "blower door test") peut être réalisé pour mesurer la perméabilité à l'air du bâtiment, mais il n'est pas systématique dans l'audit réglementaire de base.

Étape 3 : La modélisation thermique et les simulations en bureau

Une fois la visite terminée, le travail de l'auditeur est loin d'être fini. C'est même là que commence la phase la plus complexe : l'analyse et la simulation. Toutes les données collectées sur site et dans les documents sont saisies dans un logiciel de calcul thermique réglementaire. Ce logiciel va créer un "jumeau numérique" de votre maison, une modélisation fidèle de son comportement énergétique.

Cette étape, invisible pour le propriétaire, est le cœur de la valeur ajoutée de l'audit. Le logiciel calcule la consommation d'énergie primaire de référence du logement, en se basant sur ses caractéristiques intrinsèques et non sur vos factures (qui dépendent de vos habitudes). C'est ce calcul qui permet de confirmer l'étiquette DPE initiale. À partir de ce modèle validé, l'auditeur va pouvoir simuler l'impact de différents bouquets de travaux pour construire les scénarios de rénovation. C'est un travail de bureau d'études qui demande plusieurs heures d'analyse.

Comment l'auditeur simule les scénarios de rénovation

L'auditeur ne teste pas les améliorations au hasard. Il construit des parcours de rénovation cohérents, en respectant les règles de l'art. Par exemple, on isole avant de changer le système de chauffage, pour ne pas surdimensionner ce dernier. Il va simuler plusieurs combinaisons :

  • L'impact de l'isolation des combles seule.
  • L'ajout d'une isolation des murs.
  • Le remplacement des fenêtres.
  • Le changement du système de chauffage pour une pompe à chaleur.
  • L'installation d'une VMC performante. Chaque simulation donne un nouveau DPE projeté, une consommation annuelle en kWh et en euros, et un gain énergétique. C'est ce qui permet de comparer objectivement l'efficacité de chaque action.

Critères retenus pour hiérarchiser les travaux (coût, gain, faisabilité)

Pour vous proposer les scénarios finaux, l'auditeur hiérarchise les travaux selon plusieurs axes, conformément à l'arrêté du 4 mai 2022 qui encadre le contenu de l'audit. Les principaux critères sont :

  • Le gain énergétique : la priorité est donnée aux travaux qui permettent le plus grand saut de classe énergétique.
  • Le coût d'investissement : le rapport doit présenter une estimation du coût des travaux.
  • Le temps de retour sur investissement : bien qu'indicatif, il met en balance le coût et les économies d'énergie générées.
  • La faisabilité technique : l'auditeur écarte les solutions irréalisables ou non pertinentes pour votre bâti. L'objectif est de vous fournir au moins deux options claires : un parcours par étapes et un parcours visant une rénovation globale et performante en une seule fois.

Étape 4 : Le rapport d'audit : ce qu'il doit obligatoirement contenir

L'aboutissement du processus est la remise du rapport d'audit. Ce document d'une trentaine de pages synthétise toute l'analyse et constitue votre feuille de route. Pour être réglementaire, son contenu est strictement défini par la loi (arrêté du 4 mai 2022). Il ne s'agit pas d'un simple document informatif, mais d'un rapport technique engageant qui doit vous permettre de prendre des décisions éclairées.

Il doit être clair, pédagogique et complet. Vous y trouverez non seulement l'état des lieux détaillé de votre logement, mais surtout les fameux scénarios de travaux. Chaque scénario doit être présenté de manière à ce que vous puissiez en comprendre les tenants et les aboutissants : quels travaux effectuer, dans quel ordre, pour quel budget, et avec quelles économies à la clé. C'est la pièce maîtresse pour vos futures demandes d'aides et vos consultations d'artisans. Il est donc fondamental de savoir ce qu'il doit contenir pour en vérifier la conformité.

Les 6 éléments obligatoires du rapport réglementaire

Un rapport d'audit réglementaire valide doit impérativement inclure les six points suivants :

  1. Un état des lieux complet : une synthèse de l'inspection, incluant la composition des murs, de la toiture, des planchers, la description des systèmes de chauffage, de ventilation, etc.
  2. L'estimation de la performance du bâtiment avant travaux, avec le DPE actuel.
  3. Un premier scénario de travaux à réaliser par étapes successives pour amener le logement à une rénovation performante (au minimum classe B pour une passoire thermique).
  4. Un second scénario de travaux permettant d'atteindre ce même niveau de performance en une seule fois.
  5. Pour chaque scénario : l'estimation du coût des travaux, les économies d'énergie attendues (en kWh et en euros), et la nouvelle classe énergétique atteinte.
  6. Une liste des aides financières mobilisables : nationales (MaPrimeRénov', Éco-prêt à taux zéro) et locales, adaptées à votre situation.

Erreur courante : accepter un rapport incomplet (conséquence : refus MaPrimeRénov' ou vente bloquée)

⚠️ Attention : L'erreur classique est d'accepter un rapport d'audit incomplet ou non conforme. Un document où il manquerait un des deux scénarios, une estimation des coûts, ou pire, la liste des aides, n'est pas un audit réglementaire. La conséquence est directe : votre dossier de demande d'aide MaPrimeRénov' sera refusé, ou la vente de votre bien pourra être bloquée par le notaire. Prenez le temps de vérifier la présence de tous les éléments obligatoires avant de régler la totalité de la prestation. Un professionnel sérieux prendra le temps de vous présenter un rapport complet.

Comment lire et comparer les scénarios proposés

La comparaison des scénarios doit se faire sur la base du ratio performance/coût. Le parcours "par étapes" peut sembler plus accessible financièrement à court terme, mais il est souvent plus coûteux au final et peut créer des désordres si les étapes ne sont pas réalisées dans le bon ordre. Le parcours en "une seule fois" vers une rénovation globale est plus lourd en investissement initial, mais il est techniquement plus cohérent, souvent plus performant et donne accès aux aides les plus importantes de l'Anah via MaPrimeRénov' Rénovation d'Ampleur. Le rapport doit vous donner les clés pour faire cet arbitrage en fonction de votre budget et de vos ambitions pour le logement.

Étape 5 : La restitution et la suite : de l'audit au plan de travaux

La dernière étape formelle de l'audit est la restitution des résultats. Idéalement, l'auditeur ne se contente pas d'envoyer le rapport par email. Une restitution orale, en personne ou en visioconférence, est un vrai plus. C'est le moment d'échanger, de poser toutes vos questions et de vous assurer que vous avez bien compris les préconisations.

Ce temps d'échange est essentiel pour vous approprier le document. L'audit n'est pas une fin en soi, c'est le point de départ de votre projet de rénovation. Il doit vous donner une vision claire des prochaines étapes à franchir, que ce soit pour la recherche de financements ou pour la consultation des entreprises de travaux. Une bonne restitution vous rendra autonome et confiant pour la suite de votre projet. C'est le passage de relais entre le diagnostic et l'action.

Questions à poser lors de la restitution

Préparez cette rencontre. Après avoir lu le rapport, listez vos interrogations. Voici quelques questions pertinentes à poser :

  • "Pourquoi privilégier ce type d'isolant par rapport à un autre ?"
  • "L'ordre des travaux dans le scénario par étapes est-il impératif ?"
  • "Les estimations de coûts sont-elles basées sur des moyennes nationales ou des devis locaux ?"
  • "Pouvez-vous me réexpliquer comment les aides se cumulent pour le scénario global ?"
  • "Quels sont les points de vigilance à avoir lors du choix des artisans pour ces travaux ?" Cette discussion doit lever toutes vos zones d'ombre.

Audit énergétique et MaPrimeRénov' : le document pivot

Pour les projets de rénovation ambitieux, l'audit énergétique est le document pivot de votre dossier de financement. Pour le parcours "Rénovation d'Ampleur" de MaPrimeRénov', qui finance les bouquets de travaux permettant un saut d'au moins deux classes DPE, la présentation d'un audit réglementaire est une condition sine qua non. C'est sur la base des scénarios de ce rapport que votre plan de financement sera étudié par l'Anah. L'audit sert de cahier des charges technique qui prouve la pertinence et la performance de votre projet de rénovation. Sans lui, impossible d'accéder aux aides les plus substantielles. C'est un véritable passeport pour une rénovation bien financée.

Prochaines étapes après l'audit

Une fois l'audit en main et bien compris, le chemin est balisé. La suite logique est la suivante :

  1. Choisir un scénario : en fonction de votre budget et de vos objectifs.
  2. Consulter des artisans : demandez plusieurs devis à des entreprises qualifiées RGE dans chaque corps de métier concerné. Les devis doivent correspondre précisément aux préconisations de l'audit.
  3. Monter votre plan de financement : intégrez les aides (MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ) et votre apport.
  4. Déposer vos demandes d'aides : attention, cette démarche doit impérativement être faite AVANT de signer les devis.
  5. Lancer les travaux : une fois les accords de financement obtenus. L'audit est la première pierre de cet édifice, comme expliqué dans notre audit rénovation énergétique : guide complet.

CAS PRATIQUE : Marie, propriétaire d'un pavillon de 1975 classé F : scénario concret

Pour illustrer concrètement le déroulement d'un audit, prenons le cas de Marie. Elle est propriétaire d'un pavillon de 120 m² construit en 1975, classé F au DPE. Le logement est équipé d'une vieille chaudière au fioul, de fenêtres en simple vitrage et ses combles ne sont pas isolés. Avant de vendre ou de rénover, elle décide de réaliser un audit pour y voir plus clair.

Cette situation est typique de millions de logements en France. Le processus suivi par Marie permet de matérialiser chaque étape, depuis la collecte des factures de fioul jusqu'à la décision finale sur le type de rénovation à engager. Les chiffres présentés ci-dessous sont des estimations à but illustratif, mais ils reflètent les ordres de grandeur que l'on retrouve dans ce type de projet. L'audit a permis à Marie de transformer un problème (une passoire thermique) en un projet structuré et finançable.

Profil du logement et déroulement de la visite (2h30 sur site)

Marie contacte un auditeur RGE. Avant la visite, elle rassemble les plans de la maison, ses factures de fioul des trois dernières années (montrant une consommation de 2 500 litres par an), et l'acte de vente mentionnant l'année de construction. La visite de l'auditeur dure près de trois heures. Il mesure chaque pièce, inspecte les combles (où il ne trouve qu'un vieil isolant tassé de 10 cm), analyse la chaudière, et relève la composition des murs en parpaings non isolés. Il passe également du temps à examiner les menuiseries et les points singuliers (coffres de volets roulants, seuils de portes) pour évaluer les ponts thermiques.

Les 2 scénarios du rapport : rénovation partielle vs rénovation globale BBC

Trois semaines plus tard, Marie reçoit son rapport. L'auditeur lui présente deux scénarios :

  • Scénario 1 : Rénovation partielle (objectif classe D). Ce scénario propose l'isolation des combles perdus avec 35 cm de laine de roche soufflée et le remplacement de la chaudière fioul par une pompe à chaleur air/eau. Coût estimé : 18 000 €. Gain énergétique : 45 %.
  • Scénario 2 : Rénovation globale (objectif classe B). Ce parcours inclut les travaux du scénario 1, plus une isolation thermique par l'extérieur (ITE) des murs, le remplacement de toutes les fenêtres par du double vitrage performant et l'installation d'une VMC double flux. Coût estimé : 48 000 €. Gain énergétique : 78 %. Chaque scénario détaille les aides MaPrimeRénov' et CEE auxquelles Marie peut prétendre, ce qui l'aide à mieux comprendre le coût d'un audit énergétique et des travaux.

Pour estimer au mieux le coût des travaux de Marie, il est utile de consulter le prix de la rénovation énergétique au m² qui donne des fourchettes détaillées.

Ce que Marie a fait après la restitution

Lors de la restitution, l'auditeur explique à Marie que le scénario 2, bien que plus cher, est éligible au parcours "Rénovation d'Ampleur" de MaPrimeRénov', avec un taux de financement bien plus élevé. Après analyse, elle opte pour la rénovation globale. Le rapport d'audit lui sert de base pour consulter des artisans RGE et obtenir des devis cohérents avec les préconisations. Elle a pu déposer un dossier de financement solide auprès de l'Anah, en joignant l'audit qui justifiait la pertinence et la performance de son projet. L'audit a été le catalyseur de sa décision.

Sources

Ce guide a une portée pédagogique. Toute intervention technique (électricité, gaz, structure) doit être confiée à un professionnel certifié ou RGE.

Questions courantes

Comment se déroule un audit énergétique ?

Un audit énergétique se déroule en cinq étapes clés : 1. Préparation des documents par le propriétaire (factures, plans). 2. Visite de l'auditeur sur site (2 à 4h) pour inspecter l'isolation et les systèmes. 3. Modélisation thermique du logement. 4. Rédaction d'un rapport avec deux scénarios de travaux chiffrés. 5. Restitution des résultats au propriétaire.

Combien de temps dure un audit énergétique ?

La visite sur site pour un audit énergétique dure généralement de 2 à 4 heures, selon la taille et la complexité du logement. Le processus complet, incluant l'analyse des données et la rédaction du rapport final par l'auditeur, s'étend le plus souvent sur 2 à 4 semaines après la visite.

Qui peut réaliser un audit énergétique réglementaire ?

Seuls les professionnels qualifiés peuvent effectuer un audit énergétique réglementaire. Il doit s'agir d'un auditeur certifié RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) pour la catégorie "Audit énergétique en maison individuelle" ou d'une société d'architecture ou bureau d'études dont un salarié est qualifié. Cette qualification est indispensable pour la validité du document et l'accès aux aides.

Quelle est la différence entre un audit énergétique et un DPE ?

Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) attribue une note (de A à G) à un logement, c'est une photographie de sa consommation. L'audit énergétique va plus loin : il analyse en profondeur les causes des déperditions et propose au minimum deux scénarios de travaux détaillés et chiffrés pour améliorer la performance, incluant les aides financières mobilisables.

Que contient le rapport d'audit énergétique ?

Le rapport d'audit énergétique doit obligatoirement contenir une synthèse, une estimation de la performance avant travaux, et au moins deux propositions de parcours de travaux (en une ou plusieurs étapes) pour améliorer la performance. Pour chaque scénario, il doit détailler les travaux, leur coût estimé, les économies d'énergie attendues (en kWh et en euros) et les aides financières associées.

L'audit énergétique est-il obligatoire pour vendre sa maison ?

Oui, depuis le 1er avril 2023, l'audit énergétique est obligatoire pour la vente des maisons individuelles et des immeubles en monopropriété classés F ou G ("passoires thermiques"). Cette obligation s'étendra aux logements classés E en 2025 et D en 2034, conformément à la loi Climat et Résilience.

Comment financer un audit énergétique avec MaPrimeRénov' ?

L'audit énergétique est l'une des dépenses éligibles à MaPrimeRénov'. Le financement est intégré dans le parcours "Rénovation d'Ampleur". Le montant de l'aide pour l'audit dépend des revenus du ménage et peut couvrir une partie significative de son coût, à condition que le propriétaire s'engage ensuite dans la réalisation d'un bouquet de travaux préconisé par le rapport.