
Rénovation énergétique obligatoire : qui est concerné, quand et par quoi ?
Rénovation énergétique obligatoire : DPE, interdictions de location, audit, copropriétés. Calendrier 2026, sanctions réelles et aides disponibles expliqués

La rénovation énergétique n'est pas une obligation universelle pour tous les propriétaires : les occupants ne sont pas contraints de faire des travaux. En revanche, la loi Climat et Résilience interdit la location des logements G depuis 2025, F dès 2028 et E en 2034, impose un audit énergétique à la vente des passoires thermiques F ou G, et rend le DPE collectif obligatoire depuis le 1er janvier 2026 pour les copropriétés de 50 lots maximum.
La rénovation énergétique obligatoire n'existe pas en tant que contrainte universelle : aucun propriétaire occupant n'est tenu de rénover son logement. En revanche, trois régimes d'obligation distincts : vente, location et copropriété : imposent des diagnostics, des audits et des interdictions progressives aux propriétaires bailleurs, aux vendeurs de passoires thermiques et aux syndicats de copropriétaires. Ce guide cartographie précisément ces trois régimes, leur calendrier et leurs conséquences concrètes.
En bref
- Aucune obligation de travaux pour un propriétaire occupant : seuls les bailleurs, vendeurs et copropriétés sont visés par des obligations ciblées
- Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location ; les classes F et E suivront en 2028 et 2034
- L'audit énergétique est obligatoire pour la vente de tout logement classé F ou G depuis avril 2023
- Le DPE collectif est obligatoire pour les copropriétés d'au maximum 50 lots depuis le 1er janvier 2026
- MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur exige un gain de 2 classes DPE minimum (budget 2026 : 3,6 milliards d'euros)
Ce que la loi impose vraiment : ni tout ni rien
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 structure l'essentiel des obligations en matière de rénovation énergétique. Son principe : ne pas contraindre tous les propriétaires à rénover, mais bloquer progressivement la mise en location et la vente des logements les plus énergivores. Le parc immobilier français compte environ 5 millions de passoires énergétiques, c'est-à-dire des logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (ministère de la Transition écologique, juin 2026).
Trois régimes d'obligation coexistent sans se recouper. Le propriétaire occupant reste libre de rénover ou non ; le propriétaire bailleur se heurte à des interdictions de louer échelonnées selon la classe DPE ; le vendeur d'une passoire thermique doit fournir un audit énergétique. Les copropriétés, elles, sont soumises à une obligation de DPE collectif depuis le 1er janvier 2026 pour celles comptant au maximum 50 lots.
3,8 millions de ménages éprouvent des difficultés à payer leur facture de chauffage (ministère de la Transition écologique, juin 2026). C'est ce double objectif : réduction des émissions nationales et protection du pouvoir d'achat : qui motive le calendrier législatif, et non une obligation universelle de travaux.
Propriétaire occupant : aucune obligation de travaux aujourd'hui
Si vous vivez dans le logement que vous possédez, la loi ne vous impose aucun calendrier de rénovation. Vous pouvez rester dans une maison classée G sans enfreindre la moindre règle. La contrainte n'apparaît qu'au moment de vendre : depuis le 1er avril 2023, la vente d'un logement classé F ou G déclenche l'obligation de fournir un audit énergétique à l'acquéreur.
Cette absence d'obligation pour les occupants n'est pas un oubli du législateur. Le raisonnement sous-jacent : le propriétaire occupant supporte déjà directement le coût de sa propre surconsommation énergétique, contrairement au locataire qui subit une passoire thermique sans pouvoir décider des travaux. Le levier fiscal et les aides (MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ) visent à inciter, non à contraindre.
Bailleur : des interdictions de louer progressives selon la classe DPE
Le propriétaire bailleur constitue la cible principale du calendrier d'interdiction. Depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté entre deux locataires, ni lors d'un renouvellement de bail. Depuis le 1er janvier 2025, tout nouveau contrat de location pour un bien classé G est interdit.
Le calendrier se poursuit : classe F interdite à la mise en location au 1er janvier 2028, classe E au 1er janvier 2034. Un propriétaire dont le locataire quitte un logement classé G en 2026 se trouve donc face à un choix binaire : rénover pour atteindre au minimum la classe D, ou vendre.
Pour en savoir plus sur les dispositifs d'aide à la rénovation, une rénovation énergétique globale à Bordeaux peut s'avérer intéressante.
Vendeur : audit énergétique obligatoire pour les passoires thermiques
Depuis le 1er avril 2023, tout propriétaire vendant un logement classé F ou G doit annexer à la promesse de vente un audit énergétique réglementaire, distinct du DPE. Ce document propose un parcours de travaux en plusieurs étapes pour atteindre la classe B, avec une estimation des coûts associés. La première étape doit impérativement permettre de sortir du statut de passoire thermique.
L'obligation s'étendra aux logements classés E le 1er janvier 2034. Le coût d'un audit énergétique oscille généralement entre 500 et 1 000 €, selon la surface et la complexité du bien. Ce diagnostic engage l'acquéreur dans une trajectoire de rénovation sans lui imposer de délai, mais les banques pourraient à l'avenir conditionner leurs prêts immobiliers à la capacité de financer les travaux identifiés.
Le calendrier des interdictions de location : classe par classe
La France métropolitaine compte environ 5 millions de passoires énergétiques (ministère de la Transition écologique, juin 2026). Le législateur a choisi une approche graduelle pour ne pas assécher brutalement le marché locatif : interdiction par classe énergétique, de la plus énergivore (G) à la moins dégradée (E), avec un étalement sur neuf ans.
Le comparateur ci-dessous récapitule les obligations par classe DPE selon le statut du bien. Une nuance importante : l'interdiction de mise en location ne signifie pas l'annulation automatique des baux en cours. Un contrat signé avant la date d'interdiction peut se poursuivre jusqu'à son terme.
Pour une approche plus détaillée du cadre légal, le dossier sur les obligations de rénovation énergétique en 2026 détaille les textes applicables et les sanctions encourues.
Logements classés G : déjà interdits à la location depuis 2025
Depuis le 1er janvier 2025, aucun nouveau bail ne peut être signé pour un logement dont le DPE affiche une consommation supérieure à 420 kWh/m²/an en énergie primaire. Les baux en cours restent valides, mais le propriétaire ne peut ni les reconduire tacitement ni en augmenter le loyer : même pour rattraper l'inflation.
En pratique, un bailleur dont le locataire donne congé en 2026 se trouve dans une impasse : le bien devient juridiquement inlouable. Les alternatives sont la rénovation pour atteindre la classe D minimum, la vente (avec audit énergétique obligatoire), ou la conservation d'un logement vacant : solution coûteuse fiscalement.
Logements classés F : interdiction prévue en 2028
La classe F (consommation comprise entre 331 et 420 kWh/m²/an) sera interdite à la mise en location le 1er janvier 2028. Le gel des loyers s'applique déjà depuis le 24 août 2022. Les propriétaires concernés disposent donc d'un peu moins de deux ans pour planifier leurs travaux.
Le calendrier laisse un délai raisonnable à condition d'anticiper : un dossier MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur exige un accompagnateur Rénov' et un audit préalable, ce qui représente 3 à 6 mois de préparation avant le démarrage des travaux. Attendre le second semestre 2027 pour agir expose au risque de saturation du réseau d'artisans RGE.
Logements classés E : horizon 2034
La classe E (251 à 330 kWh/m²/an) ne sera interdite à la location qu'au 1er janvier 2034. Cette échéance paraît lointaine, mais deux facteurs incitent à ne pas la repousser indéfiniment. D'abord, la dégradation naturelle du bâti peut faire basculer un logement E en classe F d'ici 2028 sans intervention. Ensuite, les primes CEE et les barèmes MaPrimeRénov' sont révisés régulièrement : les conditions d'aide seront probablement moins favorables en 2032 qu'aujourd'hui.
Un propriétaire de logement classé E peut bénéficier de MaPrimeRénov' par geste (isolation, chauffage) sans obligation de gain de deux classes, contrairement au parcours rénovation d'ampleur. Cette souplesse disparaîtra si le bien glisse en classe F entre-temps.
DPE et audit énergétique : quelles obligations selon votre situation ?
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) et l'audit énergétique réglementaire sont deux documents distincts, déclenchés par des situations différentes. Le DPE évalue la consommation conventionnelle d'un logement et lui attribue une étiquette (A à G). L'audit énergétique va plus loin : il propose un scénario de travaux chiffré en plusieurs étapes pour atteindre la classe B.
Le DPE est obligatoire depuis 2006 pour toute vente, et depuis 2007 pour toute location. Sa durée de validité est de 10 ans. Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est devenu opposable : un acheteur ou un locataire peut engager la responsabilité du propriétaire si le diagnostic comporte des erreurs. Le coût d'un DPE varie de 100 à 250 €.
Le diagnostic énergétique est un document essentiel pour évaluer la performance de votre logement.
L'audit énergétique coûte entre 500 et 1 000 € et ne peut être réalisé que par un professionnel qualifié (bureau d'études thermiques, diagnostiqueur certifié). Contrairement au DPE, il engage une véritable projection de travaux : ce qui en fait un outil de décision, pas seulement une photographie de l'existant.
Si le démarchage commercial vous inquiète, le cadre légal est désormais strict : depuis juin 2026, toute publicité pour la rénovation énergétique doit faire référence au service public France Rénov' (ministère de la Transition écologique, juin 2026). Le démarchage en rénovation énergétique est strictement encadré depuis plusieurs textes réglementaires.
Le DPE : obligatoire pour vendre ou louer, et désormais pour les copropriétés
Depuis le 1er janvier 2026, les copropriétés d'au maximum 50 lots sont tenues de réaliser un DPE collectif (ministère de la Transition écologique, 2026). Les copropriétés de plus de 50 lots disposent d'un délai supplémentaire : le DPE collectif devient obligatoire pour elles au 1er janvier 2027.
Ce DPE à l'échelle de l'immeuble vise à informer les copropriétaires avant le vote d'un plan pluriannuel de travaux. Il n'impose aucune obligation individuelle de rénovation, mais il crée une base de discussion collective sur la performance énergétique du bâtiment. Le coût est supporté par le syndicat, donc réparti entre copropriétaires.
L'audit énergétique : obligatoire à la vente d'une passoire thermique depuis 2022
Initialement introduit au 1er septembre 2022 pour les logements classés F et G en vente, l'audit énergétique a vu son champ élargi au 1er avril 2023. Il doit être annexé à la promesse de vente et transmis à l'acquéreur. Ce document propose un parcours de travaux cohérent et chiffré : la première étape doit permettre d'atteindre au minimum la classe E, et le parcours complet vise la classe B.
L'acquéreur n'est pas tenu de réaliser les travaux préconisés, mais il dispose d'une information transparente sur l'ampleur et le coût de la rénovation nécessaire. Certains contrats de prêt immobilier commencent à intégrer des clauses conditionnant le taux ou le montant à la réalisation future des travaux d'amélioration énergétique.
Cas pratique : propriétaire bailleur d'un logement classé G en 2026
Prenons un cas concret : un appartement de 50 m² en centre-ville, classé G au DPE (440 kWh/m²/an), chauffé au gaz par une chaudière de 1998, avec des fenêtres simple vitrage et une isolation quasi inexistante des combles. Le bien est loué 700 € par mois depuis 2018.
Ce scénario illustre les contraintes réelles qui pèsent sur un bailleur au premier semestre 2026. Le bail en cours peut se poursuivre jusqu'au départ du locataire, mais le loyer restera gelé à 700 € tant que le logement demeure en classe G. À la réception du congé, le propriétaire aura trois mois pour décider entre rénovation et vente. Pour un novice en la matière, rénover une maison sans expérience préalable donne des repères sur la marche à suivre.
Situation de départ et contraintes légales
Le bailleur ne peut pas augmenter le loyer depuis le 24 août 2022. Il ne peut pas relouer le bien si le locataire actuel donne congé. Il ne peut pas non plus signer un nouveau bail avec un autre locataire depuis le 1er janvier 2025. Le bien reste habitable par le locataire en place, mais juridiquement « gelé » : ni valorisable, ni transmissible à un nouveau locataire.
Si le propriétaire décide de vendre, l'audit énergétique obligatoire révélera les travaux nécessaires, ce qui pèsera mécaniquement sur le prix de vente. La décote observée sur les passoires thermiques atteint 5 à 15 % selon les marchés locaux, d'après les données notariales récentes.
Travaux envisageables et budget indicatif
Pour atteindre la classe D et sortir du statut de passoire thermique, le scénario type combine isolation des combles perdus (R ≥ 7 m².K/W), remplacement des fenêtres simple vitrage par du double vitrage, et installation d'une pompe à chaleur air-eau ou d'une chaudière gaz à condensation THPE : bien que cette dernière ne bénéficie plus de MaPrimeRénov' depuis 2024.
Le budget indicatif pour un appartement de 50 m² se situe entre 15 000 et 25 000 €. Pour une maison de 100 m² nécessitant une rénovation d'ampleur complète, la fourchette atteint 40 000 à 60 000 €. Ces montants varient fortement selon la zone géographique, l'accessibilité des combles et l'état du système de chauffage existant. Un DPE projeté, réalisé par un diagnostiqueur, permet de simuler le gain de classe avant engagement des travaux.
Aides mobilisables : MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ
En 2026, MaPrimeRénov' dispose d'un budget de 3,6 milliards d'euros et vise le financement d'au moins 120 000 rénovations d'ampleur et 150 000 rénovations par geste (france-renov.gouv.fr, 2026). Pour une rénovation d'ampleur, le gain de 2 classes énergétiques minimum est exigé : le logement devrait donc passer de G à E au minimum, et idéalement de G à D.
Les CEE (certificats d'économies d'énergie) apportent un complément direct, versé par les fournisseurs d'énergie. L'éco-PTZ permet de financer le reste à charge jusqu'à 50 000 € sur 20 ans sans intérêt. Cumulées, ces aides peuvent couvrir 50 à 80 % du montant total des travaux pour un ménage modeste, selon le barème de France Rénov'.
Pour une aide MaPrimeRénov' par geste, aucune obligation de gain de classe n'est requise, mais le montant est plus modeste et les travaux ne peuvent porter que sur le chauffage ou l'isolation (hors murs). C'est le parcours adapté si le bien est déjà proche de la classe E.
L'erreur courante : confondre interdiction de louer et obligation de rénover
Un propriétaire bailleur confronté à une interdiction de louer n'est pas juridiquement tenu de rénover. La loi interdit un acte : signer un nouveau bail : mais n'impose pas un acte positif : réaliser des travaux. Cette distinction fondamentale échappe à de nombreux propriétaires, favorisant un climat d'inquiétude que certains démarcheurs exploitent.
Concrètement, le propriétaire d'un logement G peut choisir de vendre en l'état, ou de conserver le bien vacant. Ces options sont légales, même si elles comportent des inconvénients économiques évidents. La vente d'une passoire thermique impose l'audit énergétique et subit une décote ; la vacance prolongée génère une taxe sur les logements vacants dans certaines communes tendues.
Précisons également que les contrôles et sanctions ne sont pas systématiques. Aucune brigade ne vérifie porte à porte la classe DPE des logements loués. Le risque porte sur le contentieux locatif : un locataire informé peut contester la validité du bail devant le tribunal et obtenir des dommages-intérêts.
Ce que la loi interdit réellement
Deux interdictions distinctes sont souvent amalgamées. La première, entrée en vigueur le 24 août 2022, bloque toute augmentation de loyer pour les logements F et G : y compris l'indexation sur l'IRL. La seconde, échelonnée de 2025 à 2034, interdit la signature d'un nouveau contrat de location. Un bail signé avant la date d'interdiction reste parfaitement valide.
Un propriétaire qui hérite d'un logement G déjà loué peut donc continuer à percevoir le loyer existant, sans obligation de travaux immédiate. Mais il ne pourra ni renouveler le bail ni le céder à un nouveau locataire.
Les conséquences concrètes d'une mauvaise lecture de la loi
La confusion entre interdiction de louer et obligation de rénover ouvre un espace au démarchage abusif. Certains professionnels peu scrupuleux présentent la situation comme une « obligation légale de travaux sous peine d'amende », ce qui est inexact. Aucune amende n'est prévue pour le propriétaire qui choisit de vendre plutôt que de rénover.
Si vous êtes concerné, le premier réflexe est de consulter gratuitement un espace conseil France Rénov'. Ces guichets, présents dans chaque département, fournissent une information neutre et indépendante sur vos obligations réelles et les aides mobilisables. Pour savoir par où commencer votre rénovation, ces structures constituent le point d'entrée le plus fiable.
Rénovation énergétique obligatoire dans les bâtiments publics et le secteur tertiaire
Le secteur du bâtiment représente 27 % des émissions de CO2 nationales et près de 45 % de la consommation d'énergie finale en France (ministère de la Transition écologique, juin 2026). Les obligations ne concernent pas uniquement les logements : les bâtiments publics et le secteur tertiaire sont également soumis à des calendriers contraignants.
La loi énergie-climat de 2019 a posé les premières obligations pour les bâtiments publics de plus de 1 000 m². Le décret tertiaire (décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019) a élargi le périmètre à l'ensemble des bâtiments tertiaires dépassant ce seuil, avec un objectif de réduction de 40 % de la consommation d'énergie finale d'ici 2030.
Ces obligations diffèrent radicalement du calendrier applicable aux logements : elles imposent une trajectoire chiffrée de réduction de consommation, et non une interdiction d'usage. Les entités concernées doivent déclarer leurs consommations annuelles sur la plateforme OPERAT de l'ADEME.
Le décret tertiaire : obligation de réduction de consommation pour les grandes surfaces
Le dispositif Éco Énergie Tertiaire impose aux propriétaires et occupants de bâtiments de plus de 1 000 m² à usage tertiaire une réduction progressive de leur consommation énergétique. Les cibles sont fixées à -40 % d'ici 2030, -50 % d'ici 2040 et -60 % d'ici 2050 par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2019.
L'obligation porte sur les résultats, pas sur les moyens : chaque assujetti choisit librement les actions à mener. La déclaration annuelle sur OPERAT conditionne la conformité. En cas de non-atteinte des objectifs, une mise en demeure puis une amende administrative pouvant atteindre 1 500 € pour les personnes physiques et 7 500 € pour les personnes morales sont encourues.
Bâtiments publics locaux : un plan national dédié
L'État a lancé un plan de rénovation énergétique des bâtiments publics locaux, ciblant prioritairement les écoles, les mairies et les équipements sportifs. Ce plan mobilise des dotations spécifiques via le Fonds Vert et la Dotation de soutien à l'investissement local (DSIL).
Les collectivités territoriales ne sont pas soumises au même calendrier d'interdiction que les bailleurs privés, mais elles doivent respecter les objectifs du décret tertiaire pour leurs bâtiments administratifs de plus de 1 000 m². Le non-respect expose la collectivité aux mêmes sanctions administratives que le secteur privé.
Par où commencer si vous êtes concerné par une obligation ?
Si votre logement est classé F ou G et que vous devez le remettre en location ou le vendre, un enchaînement structuré d'étapes maximise vos chances d'obtenir les aides disponibles tout en respectant le calendrier légal.
Depuis juin 2026, toute publicité pour la rénovation énergétique doit faire référence au service public France Rénov' (ministère de la Transition écologique, juin 2026). Cette obligation réglementaire vise à orienter les particuliers vers une information neutre plutôt que vers des offres commerciales non vérifiées. Avant toute démarche commerciale, un détour par le simulateur officiel Mes Aides Réno (mesaides.france-renov.gouv.fr) permet d'obtenir une estimation personnalisée et gratuite des subventions mobilisables.
Étape 1 : connaître sa classe DPE actuelle
Si votre DPE date de plus de 10 ans ou a été réalisé avant le 1er juillet 2021, il n'est plus valide. Les DPE antérieurs à cette date n'étaient pas opposables et utilisaient une méthode de calcul moins contraignante. Un nouveau DPE, réalisé par un diagnostiqueur certifié, coûte entre 100 et 250 €.
Le DPE n'est pas qu'une formalité administrative : il détermine l'accès aux aides. Un logement classé G ouvre droit à MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur avec des taux de prise en charge majorés pour les ménages modestes. Sans DPE valide, aucun dossier d'aide ne peut être déposé.
Étape 2 : simuler ses aides sur Mes Aides Réno
Le simulateur officiel gratuit de France Rénov' (mesaides.france-renov.gouv.fr) agrège MaPrimeRénov', les CEE, l'éco-PTZ et les aides locales en une estimation unique. Il suffit de renseigner le revenu fiscal de référence, la localisation du bien et le type de travaux envisagés.
Cette simulation est indicative, pas contractuelle, mais elle donne un ordre de grandeur fiable du reste à charge. Pour une rénovation d'ampleur, le recours à un accompagnateur Rénov' agréé est obligatoire : il valide le projet techniquement et monte le dossier de demande d'aide.
Étape 3 : choisir un artisan RGE et déposer son dossier
Toute aide MaPrimeRénov' est conditionnée au recours à un professionnel Reconnu Garant de l'Environnement (RGE). L'annuaire officiel des artisans RGE est consultable sur france-renov.gouv.fr. Pour une rénovation d'ampleur, l'accompagnateur Rénov' aide à sélectionner les entreprises et à coordonner les devis.
Le dossier MaPrimeRénov' se dépose en ligne avant le début des travaux. Une fois les travaux achevés, un nouveau DPE doit être réalisé pour attester du gain d'au moins deux classes énergétiques : condition sine qua non du versement final de l'aide pour une rénovation d'ampleur.
Fiche pratique
| Budget estimé | DPE : 100 à 250 € selon taille. Audit énergétique : 500 à 1 500 €. Travaux isolation + chauffage pour sortie classe G : 25 000 à 60 000 € (aides déduites, variable selon surface et état). |
| Temps d'installation | DPE : 1 à 2 h pour le diagnostiqueur. Audit : 2 à 4 h sur site + rapport sous 15 jours. Travaux de rénovation d'ampleur : 3 à 12 mois selon périmètre. |
| Difficulté | Démarches administratives : intermédiaire (nécessite un accompagnateur Rénov' pour les dossiers MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur). Travaux : avancé (obligation de recourir à un artisan RGE). |
| Protocoles compatibles | MaPrimeRénov' (2 volets : par geste et rénovation d'ampleur), CEE (tous publics), éco-PTZ (jusqu'à 50 000 € sur 20 ans), aides locales (vérifier sur Mes Aides Réno). |
| Alternatives | Si location impossible : vente du bien, occupation personnelle, mise en viager, cession à un organisme HLM. |
| Prérequis | DPE valide de moins de 10 ans. Pour MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur : gain minimal de 2 classes énergétiques, passage obligatoire par un espace conseil France Rénov'. |
Sources
Ce guide a une portée pédagogique. Toute intervention technique (électricité, gaz, structure) doit être confiée à un professionnel certifié ou RGE.
Questions courantes
Est-il obligatoire de faire des travaux d'isolation ?
Non, aucune loi n'impose à un propriétaire occupant de réaliser des travaux d'isolation. Les obligations concernent uniquement la mise en location : depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au DPE ne peut plus être proposé à la location. Un propriétaire peut choisir de vendre ou de laisser le bien vacant plutôt que de rénover.
Est-il obligatoire de refaire un DPE après travaux ?
Oui, si les travaux modifient la performance énergétique du logement : le DPE doit être refait après une rénovation d'ampleur pour justifier du gain de deux classes minimum exigé par MaPrimeRénov'. Un nouveau DPE est également obligatoire avant une remise en location ou une vente si l'ancien a expiré (validité 10 ans).
Quels sont les logements concernés par l'obligation de réaliser un DPE ?
Le DPE est obligatoire pour tout logement mis en vente ou en location (sauf locations saisonnières et logements-foyers), ainsi que pour les copropriétés d'au maximum 50 lots depuis le 1er janvier 2026. Le DPE collectif des grandes copropriétés devient obligatoire au 1er janvier 2027.
Quelle est la nouvelle loi sur la rénovation énergétique ?
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 constitue le texte de référence. Elle instaure un calendrier progressif d'interdiction de mise en location des passoires thermiques (G en 2025, F en 2028, E en 2034) et rend obligatoire l'audit énergétique pour la vente des logements classés F ou G.
Un propriétaire bailleur peut-il encore louer un logement classé G en 2026 ?
Seulement si le bail a été signé avant le 1er janvier 2025. Le contrat en cours peut se poursuivre, mais le propriétaire ne peut ni augmenter le loyer, ni reconduire tacitement le bail, ni signer un nouveau contrat. Dès que le locataire quitte le logement, celui-ci ne peut plus être remis en location sans travaux.
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